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Témoignage : pourquoi je ne fais pas mon coming-out au travail

"Les gens assument davantage le fait d'insulter des homos plutôt que d'en être un"

Par Lola Talik  - Illustration : © iStock

L'an passé, les témoignages de LGBTphobies recensés par l'association "SOS homophobie" ont augmenté de 4,8%. Un chiffre qui explique pourquoi, en France, faire son coming-out n'est pas toujours chose facile. À l'occasion de la journée internationale du coming-out, Lisa témoigne. 

Chaque année, "SOS homophobie" reçoit de nombreux témoignages de LGBTphobies. Et en 2017, ces derniers ont augmenté de 4,8%, avec une hausse de 15% pour ce qui touche aux agressions physiques. Si les cas spécifiquement gayphobes augmentent de 30 %, les cas spécifiquement lesbophobes connaissent cette année une diminution de 14 % par rapport à 2016, rapporte le Rapport sur l'homophobie 2018 : "Une baisse qui illustre la persistance de l’invisibilité des personnes lesbiennes dans notre société, la parole des femmes lesbiennes restant moins libérée et moins entendue". 

Si internet est depuis plusieurs années le principal théâtre des actes LGBTphobes (22% des témoignages), viennent ensuite les contextes Travail (11 %), Voisinage (11 %) et Famille (10 %). Une tendance que ressent parfaitement Lisa, 30 ans, qui refuse encore de faire son coming-out en milieu professionnel. 

graphique homophobie 2018

À lire aussi : Pourquoi l’homosexualité féminine est-elle encore si taboue ?

Coming-out au travail : "on ne sait jamais sur qui on tombe"

"J’ai réussi à faire mon coming-out auprès de mes proches assez rapidement et facilement. En revanche dans ma vie professionnelle cela a toujours été plus compliqué. À part une boîte qui était hyper ouverte (j’avais plusieurs personnes dans mon équipe ouvertement gay, ça facilite les choses), j’ai toujours eu beaucoup de mal à parler de ma vie amoureuse au travail. Sûrement car j’ai peur que le regard des autres change sur moi, ou pire, que des collègues à moi imaginent que je puisse les draguer ou les regarder sous un prisme 'amoureux', juste parce que, en raison de leur genre, c’est une possibilité.

J’ai peur que le regard des autres change sur moi

J’ai aussi peur des préjugés qu’on a encore sur l’homosexualité. Mes amis, mes proches, me connaissent et savent faire la part des choses. Dans le milieu pro, on ne sait jamais sur qui on tombe. Je me souviens de l’époque du 'mariage pour tous', où j’ai compris que l’homosexualité était encore un problème pour beaucoup de gens, de tous milieux sociaux confondus. Dans la rue, également, je fais toujours attention, j’ai toujours peur que des mecs bien relous viennent me faire des remarques graveleuses ou que des 'bons pères de famille' me jettent des regards noirs parce que j’ai osé embrasser ma copine.

Comment se sentir libre de faire son coming-out au travail quand on a peur de se prendre un coup dans la rue ?

Pas plus tard que le mois dernier, deux nanas se faisaient violemment agresser dans la rue par 'ces bons pères de famille', qui vont certainement au bureau tous les jours. Comment se sentir libre de faire son coming-out au travail quand on a peur de se prendre un coup dans la rue ? Pour moi, tant que je ne connais pas vraiment les gens que j’ai en face de moi, c’est très compliqué.

J’en ai un peu ma claque de me dire qu’ici les gens assument davantage le fait d’insulter des homos plutôt que d’en être un

Parfois je me vois quitter Paris pour Stockholm ou Londres, où les gens sont plus respectueux qu’à Paris. J’en ai un peu ma claque de me dire qu’ici les gens assument davantage le fait d’insulter des homos plutôt que d’en être un. Ce n’est pas la Russie non plus, Paris est loin d’être la pire ville où vivre quand on est gay, mais ce n’est pas non plus un jeu d’enfants comme beaucoup semblent le penser. J’espère qu’un jour on ne se posera plus la question de faire son coming-out, et que les choses se feront naturellement et sans peur", témoigne Lisa. 

Ouais, il serait plus que temps !

Lola Talik

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Les meilleurs commentaires
simpleman4704
je n'arrive pas a comprendre qu'on puisse toujours être homophobe a notre époque a croire que les idées rétrogrades et péjoratives ont la vie dures, les actes homophobes ou anti LGBT devraient être plus sévèrement punis y compris sur les réseaux sociaux ou certains se croit tout permis sous couvert d'anonymat il serait que ça cesse
Sonia James
Ben je lui donne raison de pas mélangé ça vie privé et professionnelle, nous vivions dans une vie ou y a le jugement et la critique facile, qu’elle se soit le sexe de la personne temps qu’elle est heureuse c est le principal....

COMMENTS
Laboulette76
Je comprends, au travail on ne connait que superficiellement les gens. A mon travail un jour j’ai dis que mon fils (de 3 ans à l’époue, 5 aujourd’hui) pourrait faire ce qu’il veut comme métier, sport et qu’il pourrait être gay, hétéro, bi je m’en foutais c’est mon fils je l’aime comme il est. J’ai eu le droit à 2 réflexions de collègues masculins « si mon fils est homo il dégage de la maison » je pensais qu’il le disait « en rigolant » hélas non 😞😡
simpleman4704
je n'arrive pas a comprendre qu'on puisse toujours être homophobe a notre époque a croire que les idées rétrogrades et péjoratives ont la vie dures, les actes homophobes ou anti LGBT devraient être plus sévèrement punis y compris sur les réseaux sociaux ou certains se croit tout permis sous couvert d'anonymat il serait que ça cesse
Nana01
C’est malheureux mais c’est encore d’actualité, on lutte pour sa, pour que sa cesse mais je crains que cela existe encore et pour de nombreuses années. Personnellement ma famille est derrière moi et me soutien et du côté travail mes patron sont au courant et sans foutent totalement, quand on voie que le regard des gens ne changent pas on se sent libre et soulager. Je comprend tout de meme les personnes qui préfèrent le garder pour soit pour ne pas s’en prendre plein la geulle.
ananda77
J’ai énormément de respect pour la liberté de chacun mais je pense qu’il ne faut pas mélanger travail et vie privée.
Sonia James
Ben je lui donne raison de pas mélangé ça vie privé et professionnelle, nous vivions dans une vie ou y a le jugement et la critique facile, qu’elle se soit le sexe de la personne temps qu’elle est heureuse c est le principal....