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Témoignage : Maxime Gaget, homme battu et torturé par sa femme

Les hommes aussi sont concernés

Par Laura Bonnet  - Illustration : © iStock/Montage La WTF

En 2015, Maxime Gaget sort son livre  Ma compagne, mon bourreau. Sur les pages, il y couche son histoire : celle d’un homme battu, humilié et torturé par sa conjointe pendant plus de 15 mois. Aujourd’hui, Maxime se bat pour aider toutes les victimes de violences conjugales, sans distinction aucune.

Être un homme battu. Aujourd’hui encore, le sujet est tabou. Car "être un homme", c’est être fort, savoir se défendre, protéger les autres etc. Alors, pour les victimes, parler est presque mission impossible. Selon Psychologies, 149 000 hommes auraient été victimes de violences conjugales en 2013, et un homme décéderait sous les coups tous les 15 jours.

La rencontre

En avril 2007, Maxime rencontre celle qui deviendra son bourreau. Il se souvient précisément de chaque détail : le bar du Royal Nation, les commandes, un café pour lui et un verre de Scotch pour elle. Plus que jamais, il se rappelle avoir été surpris par son attitude : "C’était Mike Tyson avec une perruque", décrit Maxime. Leur relation commence. Rapidement, elle insiste pour qu’il vienne habiter avec elle. Après avoir hésité pendant plusieurs semaines, il finit par accepter : "J’ai sauté le pas le 30 octobre 2007. On habitait un petit appartement avec ses enfants et son frère était notre voisin."

L’emprise psychologique

"Avant décembre, tout était calme. Enfin en apparence. Car petit à petit, elle commençait à avoir une emprise psychologique sur moi." Sa conjointe fouille son intimité. Elle regarde ses mails et espionne son téléphone. Peu à peu, elle réussit à le couper du monde extérieur : "Elle payait avec ma carte bleue, gardait mes papiers d’identité, brisait mon téléphone, piratait ma boîte mails et envoyait des messages d’insultes à mes proches." Maxime est "coincé".

A lire aussi : Violences conjugales - Muriel Robin et 88 personnalités signent une pétition

Nouvelle An et premiers coups

"C’était en rentrant du Nouvel An. Elle m’a plaqué contre le mur et m’a giflé à de nombreuses reprises. Jamais je n’aurais pensé qu’elle aurait autant de force." La chemise de Maxime est réduite en charpie. La scène dure 3 à 4 longues minutes. Mais il ne la frappera pas. Car Maxime ne frappe pas les femmes.

Prisonnier

"Elle me torturait. Et quand je dis ça, je pèse mes mots", insiste Maxime. Après cet évènement, les coups deviennent presque quotidiens : "Je devais me badigeonner de fond de teint pour aller au travail." Outre les coups, c’est une véritable torture physique et morale que subit le jeune homme : interdiction d’aller à la douche ou aux sanitaires, brûlures au fer rouge, obligation de dormir à même le sol, forcé d’ingurgiter des produits ménagers, acide chlorhydrique plaqué contre la bouche…

Sauvé par une photo

Le dernier week-end du mois de février 2008, l’un des enfants de son épouse lui raconte que son oncle veut le prendre en photo. Sur ordre de sa compagne, Maxime va faire des courses : "Je ne pouvais plus tenir. Je me voyais mourir dans les mois à venir." En sortant sur le palier, son beau-frère le prend furtivement en photo : "Je n’oublierai jamais son regard et la douleur dans ses yeux." Celui-ci envoie un message aux parents de Maxime : "Venez chercher votre fils, sinon la prochaine fois que vous le reverrez, ce sera dans une boîte." La police est prévenue. Les proches de Maxime montent sur Paris. Quand ils le retrouvent, ces derniers fondent en larmes. Il se souvient leur avoir dit : "Ne vous inquiétez pas, je suis en vie !"

A lire aussi : Elle vient en aide aux victimes de violences conjugales grâce à un compte Instagram

La suite se passe au CHU d’Angoulême. Une infirmière lui explique : "Vous êtes le 2ème cas le plus grave que j’ai pu voir en vingt ans de carrière." Le constat est terrible : 8 doigts cassés, cartillage nasal détruit, lobe de l'oreille gauche irrécupérable, 20 kilos en moins, 8 opérations chirurgicales, une centaine de séances de kiné, et des passages chez le psy qu'il a arrêté de compter. Aujourd’hui, Maxime Gaget écrit un nouveau livre. Son bourreau a été condamné en appel à 2 ans de prison ferme, 3 ans avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve. Quant à son histoire, elle pourrait être rapidement adaptée au cinéma ou en série.

Cela fait 5 ans qu’il réfléchit à monter une structure. Celle-ci aurait pour but de venir en aide aux victimes de violences conjugales. Il insiste : "Je veux aider toutes les victimes. Toutes : les hommes, les femmes, les enfants, les homosexuel(e)s. Car face aux violences conjugales, on ne peut pas faire de distinction."

Laura Bonnet

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Les meilleurs commentaires
Secondegré
Chaque jour, des milliers de sentiers sont battus. Ne les oublions pas !
ananda77
Il faut savoir que certains hommes sont frappés sous le regard de leurs enfants qui se sentent tellement impuissants et effrayés.ce sont des images que l’on oublie jamais ,même une fois adultes 😥😥

COMMENTS
Marmotte
Bravo ! quel courage et oui il faudrait des structures mixtes !
dodoleseum
On en parle moins ds les médias.. mais je sais que ça existe ..
Nova
Mais quelle horreur ! Heureusement que Maxime Gaget avait son beau-frère, mais combien souffrent en silence, avec la honte d'en parler ? Si un homme, un voisin par exemple, subit des violences conjugales (pas toujours visibles), sommes-nous toujours prêts à l'entendre ?
ananda77
Il faut savoir que certains hommes sont frappés sous le regard de leurs enfants qui se sentent tellement impuissants et effrayés.ce sont des images que l’on oublie jamais ,même une fois adultes 😥😥
Secondegré
Chaque jour, des milliers de sentiers sont battus. Ne les oublions pas !
Antic
Merci d’avoir parlé d’un homme maltraité - on n’en parle pas assez souvent.