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Repentis, ces hommes reviennent sur le jour où ils ont commis une agression sexuelle

"Je n'ai jamais oublié le regard sur son visage"

Par Lola Talik  - Illustration : © iStock

Suite à un appel à témoins lancé par le New York Times, huit hommes ont accepté de revenir sur le jour où ils ont commis une agression sexuelle. Ils racontent, aujourd'hui, ce que leurs comportements leurs inspirent.

En septembre dernier, alors que "l’affaire Kavanaugh" (juge conservateur nommé à la Cour suprême accusé d’agression sexuelle) remuait les États-Unis, le New York Times a décidé de passer un appel témoins un peu particulier. Le média a en effet invité ses lecteurs masculins ayant commis une agression sexuelle lorsqu’ils étaient au lycée à se manifester, et à se confier sur ce passage de leur vie en racontant s’ils regrettaient d’avoir agi ainsi aujourd’hui.

Près de 750 personnes ont témoigné. Certains ont répondu à l’appel pour expliquer qu’ils avaient toujours respecté les femmes, d’autres ont expliqué qu’ils étaient à l’époque bien trop timides pour tenter quoique ce soit. Enfin, de nombreux hommes ont reconnu avoir mal agi par le passé.

Le NYT ayant décidé de relayer les témoignages publiquement, sans anonymat, seulement une poignée d’entre eux ont été dévoilés. Nous sommes revenus sur trois d'entre eux :

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Patrick Herron, 15 ans au moment des faits :

Lorsqu'il avait 15 ans, Patrick Herron et deux de ses amis ont pris la route avec une fille. Après l'avoir emmenée au sommet de Mullholland Drive, ils lui ont expliqué qu'elle serait forcée de rentrer par ses propres moyens si elle n'acceptait pas de leur montrer ses seins et si elle ne les laissait pas les caresser.

"En tant que papa de deux filles et d'un fils, je serais horrifié si une telle chose se produisait. C'est la première fois que j'en parle. À l'époque j'avais l'impression que ça se faisait, c'est tout. J'ai souvent pensé à cet événement, mais comparé à la culture qui prévalait dans les années 1970, il semblait presque pittoresque. Je sais que cela semble horrible, confie-t-il au NYT. Nous nous sommes revus l'année dernière lors des funérailles d'un ami commun du lycée (...) Je me suis rendu compte à quel point je me sentais gêné de la revoir et je me suis demandé comment elle me considérait maintenant en tant qu'adulte".

Gene Biringer, 16 ans au moment des faits :

Lors d'une soirée, à l'âge de 16 ans, Gene Birigner a profité d'un moment d'obscurité pour palper les seins d'une fille qui l'attirait et qui l'intimidait "à cause de sa beauté, de son intelligence et de sa grâce". Un acte furtif qu'il reconnait avoir fait parce qu'elle lui semblait autrement hors de portée, même s'il savait qu'il agissait mal. Je ne sais pas si elle a jamais su qui l'a tâtée, mais elle s'est immédiatement dégagée du tas, clairement bouleversée et est rapidement partie sans dire un mot. Je n'ai jamais oublié le regard sur son visage : elle semblait à la fois blessée, déçue, indignée et désemparée. En voyant son expression, j’ai été saisi de remords pour ce que j’avais fait, bien que je n’aie pas eu le courage de me confesser et de m’excuser", raconte-t-il au NYT.

Deux ans plus tard, Gene Biringer a été victime d'une agression sexuelle par un collègue de boulot. "Ses avances devenaient de plus en plus agressives, je ne pouvais ni bouger ni parler, jusqu’à ce qu’il dégage ma braguette, prenne mon pénis dans sa main et le mette dans sa bouche, explique-t-il. Mais ce jour-là, je pense avoir vécu au moins les mêmes émotions que celles que j'ai vues sur le visage de la jeune femme que j'avais tâtonnée. Je me suis senti violé, impur et déçu que quelqu'un avec qui j'avais déjà été amical me considère comme une objet de désir". 

Arthur J. Slavin, 19 ans au moment des faits :

Lorsqu'il avait 19 ans, Arthur J. Salvin était en couple avec une femme de deux ans plus âgée que lui. "Nous étions impliqués sexuellement, mais nous n'avions pas de relations sexuelles. Je voulais rester vierge jusqu'au mariage", confie-t-il dans son témoignage. Devant la frustration des rapports qu'il entretenait avec sa copine, Arthur J. Slavin lui a un jour demandé de lui faire une fellation.

"J'ai essayé de la convaincre. Elle n'en voulait pas. Je ne l'ai pas forcée physiquement, mais je l’ai exhortée à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas faire, et j'ai joué sur notre attachement émotionnel jusqu'à ce qu'elle le fasse, poursuit-il. C'était faux, nuisible pour elle, et je le savais (...) Je m'en suis excusé le lendemain. J'ai aujourd'hui 80 ans. Je pense que les normes ont peut-être changé, mais je pense que beaucoup de jeunes hommes agissent toujours comme j'ai agi". 

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Ceux qui ont accepté de témoigner ont décidé d’assumer leurs actes et souhaitent désormais faire avancer la cause des femmes, précise le New York Times.

Le mal est fait, mais des mouvements comme #MeToo ont contribué à faire évoluer leurs mentalités. Que pensez-vous de ces témoignages ? Votre avis nous intéresse !

Lola Talik

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Les meilleurs commentaires
simpleman4704
au moins ils ont eu le courage de témoigner et de reconnaître le mal qu'ils ont fait et j'espère que s'ils ont eu des enfants ils les ont bien éduqués dans le respect de la femme
liyakaha
Je suis partagé entre deux sentiments, le premier est de me dire qu'ils témoignent donc ils ont consciences de leurs actes passés mais anonymement donc une forme de lâcheté, Et le deuxième sentiment, c'est quand lisant leurs actes j'ai eu une pensée pour les victimes anonymes, qui ont subies, mais qui en plus ont dû se taire car selon l'époque cela devait être difficile de parler... on présente ça comme une rédemption mais seul l'un d'entre eux à présenter ses excuses

COMMENTS
simpleman4704
au moins ils ont eu le courage de témoigner et de reconnaître le mal qu'ils ont fait et j'espère que s'ils ont eu des enfants ils les ont bien éduqués dans le respect de la femme
liyakaha
Je suis partagé entre deux sentiments, le premier est de me dire qu'ils témoignent donc ils ont consciences de leurs actes passés mais anonymement donc une forme de lâcheté, Et le deuxième sentiment, c'est quand lisant leurs actes j'ai eu une pensée pour les victimes anonymes, qui ont subies, mais qui en plus ont dû se taire car selon l'époque cela devait être difficile de parler... on présente ça comme une rédemption mais seul l'un d'entre eux à présenter ses excuses