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Quand les défauts prennent le dessus : qu'est-ce que la dysmorphophobie ?

Un trouble méconnu !

Par Laura Bonnet  - Illustration : © iStock

Dysmorphophobie. Ce nom, parfois difficile à prononcer, est celui d’un trouble encore méconnu qui touche environ 2 % de la population. Explications avec Myriam Cordelle, psychologue clinicienne à la Note Bleue, centre de soin spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire.

Ils ne voient que leurs défauts. Des défauts qui, souvent, n’existent pas, et leur gâchent la vie. La dysmorphophobie, c’est ça. "Pour autant, il faut garder en tête que la dysmorphophobie n’est pas une maladie à proprement parler, mais plutôt un symptôme très intense, que l’on retrouve chez les personnes anorexiques, boulimiques, schizophrènes ou dépressives.", explique Myriam Cordelle, psychologue clinicienne.

La dysmorphophobie, qu’est-ce que c’est exactement ?

"La dysmorphophobie se traduit par une perception différente de ce qu’est son propre corps", annonce Myriam Cordelle. Les personnes souffrant de ce trouble, sont obsédées par une ou plusieurs parties de leur anatomie, qu’elles imaginent totalement difformes. Toutes les zones peuvent être concernées : le nez, les oreilles, les pieds, le ventre, les fesses etc. Plus la dysmorphophobie est forte et puissante, puis ces zones corporelles deviennent un objet de honte pour ces personnes qui, à terme, se coupent de tout et de tout le monde : "leur souffrance peut être très intense. Quand on fait des exercices avec eux, pour tenter de leur montrer à quoi ressemble réellement leur corps, ils vivent un véritable électrochoc", raconte Myriam Cordelle.

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Et les causes alors ?

Aujourd’hui encore, les causes de la dysmorphophobie restent floues. Pour autant, on sait qu’elles sont, principalement, d’ordre "psychologiques", confie Myriam Cordelle. Par ailleurs, la dysmorphophobie est étroitement liée aux troubles du comportement alimentaire qui, eux, ont des causes multifactorielles, à savoir, biologiques, psychologiques et sociales.

Le poids de la société

"La dysmorphophobie, comme tous les troubles du comportement alimentaire, existent depuis la nuit des temps. On sait, par exemple que, Sissi était boulimique et, très certainement, atteinte de dysmorphophobie. Pour autant, je ne pense pas que ce soit l’industrie de la mode qui génère ces troubles, mais bien la société elle-même. Aujourd’hui, une femme doit être belle, bien foutue, sportive, intelligente, drôle, avoir un bon travail, être une bonne mère mais également une bonne amante. À mon sens, c’est cette pression sociale de la réussite féminine qui pèse sur de nombreuses personnes et peut déclencher ce trouble.", insiste Myriam Cordelle.

Percevoir son corps, son vrai corps

La meilleure manière de faire face à ce mal-être intense serait la thérapie : "dans notre centre, on travaille beaucoup avec des psychomotriciennes. Elles organisent des exercices où l’on privilégie le visuel et les sensations corporelles, afin que les malades puissent s’approprier leur propre corps. Pour cela, elles utilisent des cordes, des ficelles, des balles, des poids, et font même des exercices de danse etc. En réalité, tout est bon pour se reconnecter à son corps, à son corps réel. Récemment, on a travaillé avec un système de photo en 3D afin que les patients soient mis face à leur corps en version modéliser. Pour certains, ça a été très positif", déclare Myriam Cordelle.

Alors, vous connaissiez la dysmorphophobie ?

Laura Bonnet

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