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"Perdus dans l'Espace", la nouvelle série SF de Netflix où les femmes prennent le pouvoir

Elles sont docteures, scientifiques... et plus que jamais indispensables

Par La WTF Team  - Illustration : © Courtesy of Netflix

Après le phénomène Stranger Things ou encore la scotchante série Altered Carbon, la dernière production SF du géant du streaming, reboot d’une vieille série un poil kitschouille repêchée du fin fond des sixties, a mis les femmes à l’honneur. 

Comment ça, on ne met pas assez les femmes en avant dans les productions de science-fiction ? Et la rebelle Princesse Leia, incarnée par l'inoubliable Carrie Fisher ? N'a-t-elle pas retourné l'Empire galactique ? Et Ellen Ripley, dans Alien, on en fait quoi ? Quid de Kate Mulgrew, qui endosse carrément le rôle d'une capitaine dans la série Star Trek Voyager ?

Et ce n'est pas comme si à la fin de notre décennie, nous n'avions plus de modèles vers qui nous tourner. L'univers du cinéma connaît un rebond immense et prometteur : les femmes ne sont plus là pour être sauvées et encore moins pour être seulement l'intérêt amoureux du héros, éternel sauveur du monde et de l'univers. Dans Black Panther, les femmes sont tour à tour gardiennes et génies de la science, jouant un rôle déterminant dans l’intrigue, les histoires d’amour reléguées – enfin – au second plan. Dans Max Max : Fury Road, c'est l'impératrice Furiosa, interprétée par Charlize Theron, qui qui vole la vedette du héros avec toute la badasserie du monde. Dans Rogue One, c'est Jyn Erso (Felicity Jones) qui doit sauver son père en tentant de voler les plans de la première Étoile de la mort. 

Lost In Space
      ©Courtesy of Netflix

Oui, des icônes féminines, il y en a. Mais pour combien d'hommes en parallèle ? Un sacré paquet, et vous le savez très bien.

Un week-end, on s'est regardé la nouvelle série SF de Netflix Perdus dans l’Espace, sans s'attendre à une véritable révélation. Cette série n'est autre qu'un reboot d'une ancienne série des années 1960 portant même nom, elle-même réadaptée en film en 1998, mais sans grand succès. Et après quelques épisodes, surprise, surprise : les femmes ne sont pas simplement mères, amoureuses ou amantes : elles ont un cerveau et des mains, des compétences et des choses à dire.

Non, Perdus dans l'Espace n'est pas simplement une série grand public où une famille, sélectionnée pour reconstruire sa vie dans un monde meilleur, doit retrouver bêtement son vaisseau pour espérer survivre avec quelques moments d'égarement sur deux-trois planètes hostiles où on se les caille un peu. 

On pensait d’abord retrouver les mêmes schémas désuets, un père de famille qui subvient aux besoins de sa petite famille et qui sauve maman et enfants des griffes d’un ovni. On pensait voir une maman gâteau qui régale le héros avec quelques séquences propices au repos du guerrier et des instants mièvres où les femmes, réfugiées dans leur vaisseau spatial depuis le début de l'épisode, daignent pointer le bout de leur nez, comme ça, pour le fun. Que nenni.

Perdus Dans l’Espace ne nous offre pas simplement des personnages, mais également la possibilité de nous identifier.

La leader : Maureen, ingénieure en aérospatial, brillante et déterminée

Lost In Space
©Courtesy of Netflix

Pour les fans de raccourcis, Maureen Robinson est la mère de cette petite famille recomposée prête à quitter la terre pour affronter la noirceur de l'univers et trouver une planète où vivre mieux. Mais ce que nous retenons surtout, c'est l'image d'une femme exigeante et ferme, qui n'hésite pas à prendre les devants pour se sortir de l'impasse et qui trouve - à chaque fois - des solutions aux problèmes les plus graves. C'est d'ailleurs elle qui prend la décision d'emmener sa famille dans l'espace, direction l'idyllique Alpha du centaure. Cette ingénieure en aéronautique est elle-même à l'origine de la création du vaisseau, le Résolution, et sait de quoi elle parle. Sa présence est capitale pour la survie du reste de la colonie, et les problèmes de couples qu'elle rencontre avec son mari, à qui elle fait de l'ombre, fait partie des intrigues secondaires de l'histoire. 

Pourquoi on l'aime ? Parce que c'est elle qui mène la danse, du début à la fin. Et c'est aussi la preuve que l'on peut mettre en avant un personnage féminin dans une série de SF sans le sexualiser et le reléguer au second plan. Et parce que Maureen est indépendante, même dans son mariage avec John.

La sauveuse : Judy, seule docteure parmi les colons survivants

Lost In Space
©Courtesy of Netflix

Judy est l'aînée de la famille Robinson, et probablement la plus aventureuse de la fraterie. C'est la seule docteure présente parmi les colons restants. Sûre d'elle et combative, elle n'hésite pas à mettre sa vie en danger pour sauver des vies malgré son très jeune âge. Et puis, elle est têtue : Judy n'écoute personne pour faire ses choix, car elle est certaine de ce qu'elle veut, et surtout de ce qu'elle ne veut pas. 

Pourquoi on l'aime ? Parce qu'on aimerait bien être aussi courageuses, nous aussi. Et avoir au moins la moitié de sa confiance en elle, s'il vous plaît.

Le clown jamais triste : Penny, celle qui ne voulait pas quitter la terre

Lost In Space
©Courtesy of Netflix

Penny est l'archétype de la fille fun, un profil bien trop souvent endossé par des hommes, sur petit (ou grand) écran. Rafraîchissante, un brin sarcastique, c'est elle qui nous fait sourire et qui nous aide à nous détendre un peu après une scène de course-poursuite angoissante. Moins sage que sa grande soeur, elle ne rêve pas non plus de monts et merveilles, mais plutôt d'une existence simple, sans trop de remous. Une existence sur terre où elle pourrait vivre sa vie, comme avant, pour toujours. Embarquée par le reste de sa famille, c'est par dépit que Penny se retrouve dans ce voyage qui n'en finit pas.

Pourquoi on l'aime : Parce qu'elle est vive d'esprit et charismatique. Son grain de folie et sa spontanéité lui permettent d'obtenir précisément ce qu'elle veut, sans se soucier du regard des autres. 

L'usurpatrice : Dr. Smith, l'antagoniste de la série (qui a plus d'un tour dans son sac)

Lost In Space
©Courtesy of Netflix

Mais pourquoi est-elle aussi méchante ? On ne sait pas tout à fait, mais une chose est sûre, elle est à craindre à tout prix. Ce personnage, qui était jusqu'à présent un homme, a été féminisé pour ce reboot. Car oui, une femme peut aussi être redoutable, dangereuse et créer le chaos au sein de toute une colonie. Interprêté par Parker Posey, papesse du cinéma indé, le personnage réussit son pari : on a un peu envie de la baffer, quand on n'admire pas, en secret, sa présence, son style, et sa badasserie. Une vraie méchante. Cruella peut sortir son carnet et prendre des notes.

Pourquoi on l'aime ? Parce qu'elle est incroyablement badass. Méchante, mais diabolique.




Perdus dans l'Espace, actuellement sur Netflix.

La WTF Team

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Les meilleurs commentaires
kristoch
au rang des remake inutiles... encore une qu'appâté j'ai téléchargé avant de tout jeter. c'est bien de faire des séries à la chaîne mais à un moment il faudrait penser à la qualité, même si devant les fans ébahis s'esbaudissant pour un rien, ça passe! après l'habillage science fiction peut faire illusion. perso suis fan inconditionnel de SF donc j'ai passé mon chemin.
Zébrulon
Merci pour cet article mais attention à ne pas avoir trop d’idées préconçues sur la SF. Comme kristoch, je suis inconditionnel du genre et je tiens à préciser que certaines œuvres de Science-Fiction ont de tous temps été précurseurs et visionnaires, pas seulement sur le plan de la technologie. C’est à mon sens un des rares genres où les auteurs ont justement la liberté de proposer une autre vision de la société que celle dans laquelle ils vivent. Pour ne prendre que l’exemple de Star Trek, à l’exception de la série classique (avec Kirk), les auteurs ont très tôt montré une vision progressiste de leur univers, mettant en valeur une Fédération prônant la tolérance et le vivre ensemble. Les femmes n’y ont presque jamais été cantonnées aux rôles de mères ou d’amoureuses fragiles qu’il faudrait sauver. Sans parler du Capitaine Janeway (Kate Mulgrew), elles campent en général des rôles déterminants. Les saisons Deep Space Nine ont été les premières à afficher un acteur noir (Avery Brooks) en tant que capitaine du vaisseau Enterprise. Puis un discours égalitaire, voire féministe est en effet apparu avec les saisons Voyager, pour atteindre son paroxysme en 2017 avec Star Trek Discovery. Dans ce dernier opus, deux tiers des rôles principaux sont tenus par des femmes, dont l’héroïne qui est interprétée par Sonequa Martin-Green, actrice noire dont le personnage (prénommé "Michael") a un fort tempérament tout en étant très féminine. Par ailleurs, cette série de SF est à ma connaissance la première où certains membres importants de l’équipage affichent clairement leur homosexualité. Tout cela montre que même les studios d’Hollywood commencent à être conscients de l’importance de l’exemplarité du casting comme reflet d’une société moderne où les stéréotypes s’effaceraient pour laisser place aux compétences.

COMMENTS
Salomé
Elle est tellement bien cette série !
simpleman4704
merci ça donne envie de regarder même si j'ai pas l'intention de m'abonner a netfilix dsl
Maaaaaaaaanon_
Je vais l’ajouter à ma liste, et je la commencerais après le bac!!
kristoch
au rang des remake inutiles... encore une qu'appâté j'ai téléchargé avant de tout jeter. c'est bien de faire des séries à la chaîne mais à un moment il faudrait penser à la qualité, même si devant les fans ébahis s'esbaudissant pour un rien, ça passe! après l'habillage science fiction peut faire illusion. perso suis fan inconditionnel de SF donc j'ai passé mon chemin.
Zébrulon
Ton propos est un peu violent mais je te rejoins sur certains points. "Lost In Space" peut séduire les néophytes du genre et présente une vision sociétale plus actuelle, mais ça s’arrête là.
Philippe Nmhrk
idem pour la série : les 100 où les rôles féminins sont à l'honneur.
Zébrulon
Merci pour cet article mais attention à ne pas avoir trop d’idées préconçues sur la SF. Comme kristoch, je suis inconditionnel du genre et je tiens à préciser que certaines œuvres de Science-Fiction ont de tous temps été précurseurs et visionnaires, pas seulement sur le plan de la technologie. C’est à mon sens un des rares genres où les auteurs ont justement la liberté de proposer une autre vision de la société que celle dans laquelle ils vivent. Pour ne prendre que l’exemple de Star Trek, à l’exception de la série classique (avec Kirk), les auteurs ont très tôt montré une vision progressiste de leur univers, mettant en valeur une Fédération prônant la tolérance et le vivre ensemble. Les femmes n’y ont presque jamais été cantonnées aux rôles de mères ou d’amoureuses fragiles qu’il faudrait sauver. Sans parler du Capitaine Janeway (Kate Mulgrew), elles campent en général des rôles déterminants. Les saisons Deep Space Nine ont été les premières à afficher un acteur noir (Avery Brooks) en tant que capitaine du vaisseau Enterprise. Puis un discours égalitaire, voire féministe est en effet apparu avec les saisons Voyager, pour atteindre son paroxysme en 2017 avec Star Trek Discovery. Dans ce dernier opus, deux tiers des rôles principaux sont tenus par des femmes, dont l’héroïne qui est interprétée par Sonequa Martin-Green, actrice noire dont le personnage (prénommé "Michael") a un fort tempérament tout en étant très féminine. Par ailleurs, cette série de SF est à ma connaissance la première où certains membres importants de l’équipage affichent clairement leur homosexualité. Tout cela montre que même les studios d’Hollywood commencent à être conscients de l’importance de l’exemplarité du casting comme reflet d’une société moderne où les stéréotypes s’effaceraient pour laisser place aux compétences.
meme
Cette série est géniale! Vivement la saison 2 !!
Amandine Debast
Super série que j’ai dévoré en 2 jours, je vous la recommande vivement ^^
Marmotte
Plutôt mitigée sur cette série. Oui c'est bien d'avoir les femmes à l'honneur mais je reste sur une déception.