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Ligue du Lol : ces mecs influents qui sabotaient et harcelaient les femmes journalistes

Quand la presse a mauvaise presse

Par Laura Bonnet  - Illustration : © iStock

Si vous êtes un habitué des réseaux sociaux, vous avez forcément entendu parler de ce groupe Facebook. De 2009 à 2013, ses membres ont sévi sur Internet à coups de moqueries et d’insultes. Des actions très souvent dirigées vers des femmes journalistes. La Women Trend Family vous explique le pourquoi du comment.

"Lol". Ce néologisme emprunté à l’anglais sonne plutôt sympathique. Mais dans le cadre de cette affaire, ce n’est pas vraiment le cas. Eh oui, devant les agissements de la Ligue du Lol, on aurait plutôt tendance à avoir un haut le cœur, et à recracher notre café du matin.


Une polémique née sur la toile

Comme de nombreuses polémiques, "l’affaire" Ligue du Lol est née sur les réseaux sociaux. C’est après un tweet posté le 5 février, par Thomas Messias – journaliste chez Slate – que l’affaire a éclaté : "Il est beau le journaliste modèle qui joue les exemples après s’être bien amusé au sein de meutes de harceleurs de féministes. Il est beau". Après ce message, quelque peu mystérieux, Twitter a vu déferler une pluie de témoignages : ceux de femmes racontant comment elles avaient été les victimes de harcèlement, d’insultes, de moqueries, de photomontages pornographiques, ou de canulars téléphoniques. A vomir.

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Un groupe organisé et des grands noms des médias

La Ligue du Lol est un groupe Facebook créé par Vincent Glad – journaliste pigiste à Libération et Brain - à la fin des années 2 000. Aujourd’hui fermé, celui-ci aurait compté une trentaine de membres à son actif : des hommes principalement issus des rédactions parisiennes, du milieu de la pub ou de la communication.

La Ligue du Lol a surtout été forte de grands noms des médias, à l’instar d’Alexandre Hervaud de Libération ou encore de David Doucet, rédacteur en chef web aux Inrocks. Actuellement, ces 3 personnes ont été mis à pied à titre conservatoire. Depuis lundi, les répercussions de cette affaire ne s’arrêtent plus. Stephen des Aulnois – rédacteur en chef et fondateur du Tag Parfait – a annoncé sa démission sur Twitter. Le site Nouvelles Écoutes a, quant à lui, pris la décision de mettre fin à sa collaboration avec l’un de ses journalistes Guilhem Malissen.

Carrières brisées

Pour de nombreuses victimes de la Ligue du Lol, ce harcèlement sans limite a eu un impact considérable sur leur vie privée et leur carrière. Dans les médias, de nombreuses femmes ont eu le courage de témoigner. Pour CheckNews - Libération, elles racontent : "ces gens-là, ils pensaient faire des blagues mais ils nous ont pourri la vie", ou encore : "quand j’étais jeune journaliste très impressionnable, je me disais qu’ils étaient dans tous les médias où j’espérais bosser, qu’ils connaissaient tout le monde et que forcément tout le monde devait se comporter comme ça dans les grandes rédactions. Heureusement, j’ai fini par comprendre que ce n’était pas la norme, et ils me font moins peur aujourd’hui, même si j’avoue que je redoute encore leur capacité de nuisance".

Pour Slate, la journaliste Léa Lejeune a décidé de se confier et de raconter, avec courage, ce que la Ligue du Lol lui avait fait subir. Elle explique les messages, les tweets, les raids, les moqueries, les blagues salasses : "un jour, ils me sont tombés dessus parce qu’il y avait une erreur secondaire dans un article. Le raid a commencé : 40 messages en 2 heures qui se moquaient de moi". Elle explique, également, comment les membres de la ligue avaient créé une page en son nom, ou chacun y allait de son petit message : "elle est de plus très jolie et sait se mettre en valeur, ce qui est bien rare dans ce métier où les minous, pardonnez-moi l’expression, ne sont pas très doux". On est d’accord, ça se passe de commentaire.

Aujourd’hui, de nombreux journalistes anciens membres de la Ligue du Lol, ont présenté leurs excuses sur Twitter, comme Vincent Glad :  "en créant le groupe, j’ai créé un monstre qui m’a totalement échappé". Ok, c’est un pardon. Mais est-ce bien suffisant ?

Laura Bonnet

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