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L'upskirting sera-t-il un jour puni en France ?

Ma culotte se porte bien, merci.

Par La WTF Team  - Illustration : © iStock/Montage la WTF

Depuis plusieurs mois, la pratique de l’upskirting mais surtout le fait qu’elle ne soit pas clairement punissable par la loi française fait débat. Retour sur ce phénomène pervers et entretien avec Lola, qui en a fait les frais.

L’upskirting, c’est lorsqu'un gros dégueulasse se permet de soulever la jupe d’une femme pour regarder (photographier, ou filmer) ce qu’il se passe en dessous. Et sans son accord, bien entendu. En 2017, Anna Dovgaliouk suscitait la polémique avec sa campagne “Qu’il y a-t-il sous ma jupe ?”. Pour dénoncer cette pratique, l’étudiante russe s’était mise en scène, en soulevant sa jupe et en montrant sa culotte, dans différentes stations de métro de Saint-Pétersbourg.

Au même moment, l’Anglaise Gina Martin, elle aussi victime d’upskirting, tentait de porter plainte, pour finalement se rendre compte du vide juridique existant autour de la question. Outrée, elle avait alors lancé une pétition signée plus de 100 000 fois depuis. Carton plein, puisqu’en Angleterre, cette pratique devrait bientôt être passible de deux ans de prison (verdict le 28 juillet prochain).

Mais qu’en est-il France ? Selon la loi, l’upskirting, aussi qualifié de “voyeurisme amateur” n’est pas une agression sexuelle à proprement parler, puisqu’il n’y a pas de contact physique entre l’auteur des faits et la victime. La loi française considère donc cette pratique comme du voyeurisme. Et si le voyeurisme peut être (oui, peut, parce que ce n’est pas toujours le cas!) punit, l’upskirting, lui, n’est pas officiellement punissable car la pratique n’est pas encore considérée comme une infraction spécifique.

J’ai la sensation d’avoir été forcée à me mettre nue devant un inconnu

"J’avais 19 ans. C’était un soir de juillet et il faisait chaud. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi dans ma garde-robe une jolie petite jupe bleue marine avant de sortir. Je ne me sens jamais trop en confiance quand je sors le soir et que je suis apprêtée. Car comme beaucoup de femmes, j’ai de nombreuses fois été victime de “harcèlement de rue”. Mais les soirs d’été, la nuit tombe tard. Je me sentais donc en sécurité. C’était sans compter le gros pervers qui a voulu savoir ce qu'il se passait sous ma jupe. Arrivée dans le métro, il n’y avait pas foule, mais pas de places assises. Je suis donc restée debout. Au fil du trajet, je me suis aperçue dans le reflet de la porte vitrée du métro que le connard d’une quarantaine d’années assis juste derrière moi jetait des regards insistants - qu’il devait croire discrets - à ma tenue. Puis en y regardant de plus près, j’ai réalisé qu’il tenait son téléphone dans ses mains à hauteur de mes genoux, juste assez incliné pour photographier (ou filmer!) sous ma jupe. Gênée et à la fois tétanisée, je me suis retournée pour le regarder et le déstabiliser, sans trop savoir quoi dire, avant de lui tourner le dos à nouveau. C’est à cet instant seulement que j’ai pris conscience de mon 'erreur' : 'j'aurais dû le dénoncer haut et fort ! J'aurais dû lui prendre son téléphone. Peut-être avait-il déjà tout effacé ?'. Mais je n’ai pas su quoi faire. Les usagers autour de moi n’ayant pas vu (ou pas réagi) ce qu’il se passait, je me suis sentie seule et dépourvue de toute ressource. Je suis sortie à la station suivante, traumatisée, avec la sensation d’avoir été forcée à me mettre nue devant un inconnu. Je trouve très grave que ce genre d’atteinte à la pudeur, ces violations de l’intimité, ces agressions, soient considérées comme du 'simple' voyeurisme et demeurent majoritairement impunies. Certes, en ce qui me concerne, je ne me suis pas sentie capable de réagir. Mais comment les prochaines victimes trouveront-elles le courage de le faire si elles savent d’avance que leurs plaintes sont vouées à l’échec ?”, confie Lola, 26 ans.

Il est essentiel que la police et la justice puissent agir contre

Comme le précise l’association Stop harcèlement de rue, “il existe des articles de loi qui font mention de diffusion d'images dans le cadre privé et qui en 2016 semblent avoir été étendus au cadre public”. Il s’agit en effet des articles 226-1 et 226-2 de la loi pour une République numérique mentionnant que les délits prévus portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel prises dans un lieu public ou privé sont passibles de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 € d’amende. Mais la pratique de l’upskirting n’y est pas clairement associée. “Dans tous les cas, nous pensons effectivement qu'il est nécessaire d'ancrer clairement ce délit dans les textes de loi ! L'upskirting est une forme de harcèlement et de voyeurisme. Il est essentiel que la police et la justice puissent agir contre”, ajoute l’association.

Comme le souligne Marie Claire, deux nouveaux amendements au projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes qui sera examiné les 4 et 5 juillet, auraient été déposés par le gouvernement. Et l’upskirting y serait évoqué afin d’être officiellement considéré comme une infraction sexuelle à part entière, passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

Et vous les filles, avez-vous déjà été victimes d'un connard qui a filmé/photographié sous votre jupe ? Racontez-nous, ça soulage !

La WTF Team

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Les meilleurs commentaires
Laboulette76
Donc en gros c’est pas « grave » qu’un tordu filme (ou prenne des photos) de ce qu’il y’a sous nos jupes/robes? Dans ce cas qu’il fasse pareil pour nos décolletés, et puis non soulevons directement nos jupes/robes pour aider ces pervers à mieux voir!! Quelle justice de merde
simpleman4704
il serait temps que cette "pratique" soit sévèrement punie c juste inadmissible et intolérable, peut être que si une fille d'un législateur en était victime les choses irait plus vite comme pour beaucoup de choses d'ailleurs

COMMENTS
Laboulette76
Donc en gros c’est pas « grave » qu’un tordu filme (ou prenne des photos) de ce qu’il y’a sous nos jupes/robes? Dans ce cas qu’il fasse pareil pour nos décolletés, et puis non soulevons directement nos jupes/robes pour aider ces pervers à mieux voir!! Quelle justice de merde
conduitforsale
Pour le coup, ce qui est grave est de se servir de vous en tant que témoin pour manger du click sur youtoube.
kristoch
c'est tout simplement le droit à l'image, à l'intimité et la vie privée qui sont concernés par une seule et même pratique et qui en sont pas respectés en France (comme aussi la présomption d'innocence, le secret de l'instruction, le secret professionnel, etc...) si le droit à l'image était ENFIN respecté, on ne pourrait ni prendre ni conserver ni diffuser des images sans l'accord de la personne!!! et on aurait plus cette soi disant presse people/pipole par des pseudos journalistes... au passage, ce qui ne serait pas un manque du tout! (on devrait leur faire pareil, bafouer leur intimité, révéler leurs turpitudes, amants et maîtresses et tout ce qu'ils peuvent cacher comme tout à chacun)
simpleman4704
il serait temps que cette "pratique" soit sévèrement punie c juste inadmissible et intolérable, peut être que si une fille d'un législateur en était victime les choses irait plus vite comme pour beaucoup de choses d'ailleurs
conduitforsale
Arrête de pleurnicher, et tente un appel à témoin. Elles Kiffent de Ouf-2000
Marine_dbm
C'est arrivé à ma meilleure amie il y a 1 an et demi et elle en parle encore. Elle n'a pas pu porter plainte étant sous le choc et sachant pertinemment que sa plainte n'irait nulle part malheureusement .... La justice à du travail à faire, ce n'est quand même pas normale que des femmes aient à subir cela. En plus, les femmes qui subissent cela se sentent COUPABLES ! Alors que non, c'est faux, on a encore le droit de porter des robes et des jupes !!
fmoncelle
Bonjour, Pour le journal de TF1, ce soir 20h, nous faisons un reportage sur ce sujet et nous recherchons des témoignages. Pensez-vous que votre amie accepterait de témoigner ? Merci de me contacter. Bien à vous, Fabienne Moncelle 01 41 41 45 14
yaveca
J'ai subi cette atteinte il y a fort longtemps et ça a été un fait marquant pour moi parce que j'y repense encore aujourd'hui. Je retournais au travail après ma pause de midi et un gars s'est approché de moi, a engagé la conversation. Au demeurant je l'ai trouvé sympathique, lui ai répondu et puis tout à coup il a soulevé ma jupe et j'ai vu son regard insistant comme s'il évaluait une marchandise ! Gênée, me suis sentie humiliée, je l'ai planté là et suis partie sans avoir pu réagir. Je me suis sentie mal le reste de la journée. Je précise qu'à cette époque il y avait encore très peu de portable et on ne parlait pas encore de harcèlement de rue.Donc je n'ai pas pu en parler.