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Cyberviolence : quand les violences conjugales prennent de nouvelles formes

Un véritable fléau

Par Laura Bonnet  - Illustration : © iStock

Pour les femmes victimes de violences conjugales, le numérique et les réseaux sociaux sont bien souvent une énième source de peur et d’angoisse au quotidien.

Si les réseaux sociaux et le numérique ont été de puissants outils pour défendre le droit des femmes, et dénoncer les violences sexistes, lors du mouvement #Metoo, ces derniers jouent, également, un rôle majeur dans les cyberviolences. C’est ce que prouve un rapport récent publié par le Centre Hubertine Auclert, spécialisé dans les recherches sur l’égalité femmes-hommes. Selon leur enquête, menée auprès de 302 femmes victimes de violences conjugales, 9 femmes sur 10 déclarent avoir vécu au moins une forme de cyberviolence. Glaçant !

C’est quoi au juste la cyberviolence ?

Pour l’agresseur, la cyberviolence est une manière de plus d'exercer son contrôle et sa domination sur sa partenaire. Cette nouvelle forme de violence prend plusieurs formes : le contrôle, la surveillance virtuelle, le harcèlement sur les outils numériques etc. A l'instar des violences physiques ou verbales, cette dernière s'exerce, le plus généralement, dans la sphère de l'intimité. Mais une chose est sûre : violences conjugales et cyberviolences sont, presque toujours, liées.

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Le cybercontrôle et cybersurveillance : quèsaco ?

Dans le cas du cybercontrôle, le partenaire tente par tous les moyens d’épier et de surveiller sa partenaire, en vérifiant ses moindres faits et gestes, ses déplacements et ses relations sociales. En effet, lors de cette enquête, 7 femmes sur 10, ont déclaré que leur conjoint leur avait, un jour, interdit de communiquer avec une tierce personne. Par ailleurs, la moitié d’entre elles affirment avoir déjà été privées de leur téléphone par leur partenaire.

En plus de la violence verbale et de la violence physique, le quotidien de ces femmes est rythmé par une surveillance accrue de leur téléphone, de leurs messages, de leurs réseaux sociaux. Il s’avère que, selon l’étude, 8 femmes sur 10 ont confié que leur partenaire avait déjà exigé d'elles qu'elles soient joignables 24/24 et 7/7.

L’angoisse la plus récurrente pour ces victimes de cyberviolences, reste de voir leurs conversations téléphoniques ou messages, espionnés et enregistrés. D’ailleurs, sur la toile, il n’est pas difficile de trouver un tutoriel pour espionner les SMS ou le GPS d’une tierce personne, comme l’explique Le Parisien. Pire encore, 64 % des femmes interrogées pensent avoir déjà été surveillées par un logiciel espion.

CyberviolencesCyberharcèlement économique et sexuelle

En plus de ce cybercontrôle et de cette cybersurveillance, s’ajoute le cyberharcèlement. Menaces et insultes s’invitent par messages ou via les réseaux sociaux. Ce cyberharcèlement se retrouve, également, étroitement lié à la question financière et aux démarches administratives. De quelle manière ? A coup de mots de passe piratés et/ou subtilisés, afin que l'agresseur puisse, à terme, exercer un contrôle total sur l'indépendance de sa victime (compte en banque, CAF, pôle emploi etc).

Par ailleurs, 62 % des femmes interrogées par l’enquête, ont expliqué que leur partenaire avait déjà exigé de connaître leurs codes de téléphone, de boîte mail ou de réseaux sociaux. Enfin, vous, vous en doutez, le cyberharcèlement s’invite, malheureusement, dans l’intimité et la sexualité où menaces de diffuser des photos/vidéos intimes et obligation d'être filmer lors des rapports sexuels, sont monnaie courrante.

Des violences virtuelles mais bien réelles

Même si ces violences ne laissent pas de marques sur la peau, et qu’elles ont lieu dans la sphère numérique, elles sont bien réelles ! Les victimes de cyberviolences conjugales se sentent encore plus dominées, épiés, et de ce fait, fatalement isolées. Ces violences conjugales d'une nouvelle forme influent sur la santé mentale des victimes (perte de confiance en soi, dépression) et aussi sur la santé physique (perte de sommeil, maux de ventre, douleurs, etc).

Il reste encore du chemin à faire pour que la cyberviolence, cette arme incidieuse, soit combattue. Il faut plus de prévention et surtout déployer de nouveaux moyens policiers et juridiques mais on ne perd pas espoir.

Laura Bonnet

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