L A - W T F
x
vous aussi
dites que vous aimez La WTF

"Chhaupadi" : quand les femmes sont exilées parce qu'elles ont leurs règles

"Impures"

Par Lola Talik  - Illustration : © iStock

Au Népal, de nombreuses femmes sont soumises au Chhaupadi. Un rituel qui les met à l'écart de la société lorsqu'elles ont leurs règles. Une pratique scandaleuse et dangereuse, qui parfois s'avère mortelle.

Bien qu'interdit par la Cour suprême depuis 2005, et punissable par la loi népalaise depuis 2017, le rite du Chhaupadi est, manifestement, toujours d'actualité dans certaines zones du Népal. À cause de cette tradition scandaleuse, qui vise à exclure les femmes de leur foyer lorsqu'elles ont leurs règles, une mère de 35 ans et ses deux enfants de 7 et 9 ans, sont morts début janvier. 

Ces derniers avaient trouvé refuge dans une abris de fortune et fait un feu de bois pour ne pas mourir de froid à cause des températures négatives. Mais ils sont finalement décédés tous les trois. Non pas à cause du froid, mais à cause de l’inhalation de la fumée.  

À lire aussi - "28 jours" : enfin un docu garanti zéro tabou sur les règles

Du sang impur, des femmes maudites

"Chhaupadi" signifie "intouchable". Dans la culture hindouiste, le Chhaupadi est un rituel selon lequel les femmes doivent se tenir à l'écart de leur foyer lorsqu'elles ont leurs règles. Car, pendant cette période, elles seraient impures. En refusant de s'y soumettre, elles risqueraient de s'exposer, elles et leur famille, à des malédictions. 

Totalement mises à l'écart, elles ont alors interdiction de toucher à la nourriture des autres, au bétail, aux icônes religieuses, et bien sûr, aux hommes. Comble du paradoxe, il leur est même interdit de se laver, ou d'utiliser les toilettes de leur maison. 

Complètement exilées, elles sont ainsi placées dans des abris de fortune, des cabanes ou des huttes, et doivent faire face au froid en hiver, à la chaleur en été, aux animaux sauvages, aux infections ou aux intoxications (à la fumée, par exemple). 

Au Népal, la peine pour quiconque force une femme à se soumettre à cette pratique est de trois mois de prison et/ou 3 000 roupies d’amendes (environ 25 euros), rappelle Le Monde. Hélas, le Chhaupadi et le schéma patriarcal sont tellement ancrés dans les esprits, qu'il est très difficile de s'en débarrasser. Cet exil menstruel n'est donc pas seulement appliqué par les hommes, mais aussi par les femmes, qui s'obligent entre elles à s'y conformer. 

Voilà qui nous rappelle, une fois encore, combien il est urgent de se battre pour que les tabous sur les corps des femmes cessent !

Lola Talik

Partagez sur les réseaux !

Soyez le premier/la première à commenter !
Vous devez être connecté/avoir un compte pour ajouter une réponse !
Créer mon compte Se connecter