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Cathy Galliègue se confie sur l'alcoolisme féminin : il faut déculpabiliser les femmes

Un sujet encore extrêmement tabou

Par Laura Bonnet  - Illustration : © Francesco Gattoni

Pour son deuxième roman, Cathy Galliègue a décidé d’aborder avec courage l’alcoolisme féminin. Un sujet tabou dont elle parle avec sincérité et vérité, puisque sa mère, tout comme son héroïne est, elle aussi, torturée par cette maladie. Rencontre.

"La littérature doit traiter de tous les problèmes de la société et l’alcoolisme féminin en fait partie." Quand Cathy Galliègue aborde cette problématique à travers son roman, on ne peut faire plus réaliste : "Malheureusement, c’est un sujet que je connais bien, puisque j’ai grandi avec une mère alcoolique."

"Il faut déculpabiliser les femmes"

Être une femme et être alcoolique, c’est un peu comme être une pestiférée de la société : "Chez un homme, l’alcoolisme est accepté, c’est limite un processus social, un comportement viril. Chez une femme, c’est tout le contraire. Tout n’est que jugement, et la honte et le déni l’emportent sur le reste. Quant à l’alcool, il est utilisé comme un antidépresseur, bien souvent le soir, en cachette", explique Cathy Galliègue.

J'ai l’impression que la société n’est pas prête à les accepter.

Le problème avec l’alcoolisme féminin, c’est qu’il est bien plus tabou que chez les hommes. On peut avoir une vision presque sympathique d’un groupe de potes, adossés au comptoir d’un bar. Et ce, même s’ils n’en sont pas à leur 1er verre et viennent plusieurs fois par jour. A l’opposé, la vision d’une mère, d’une copine, d’une épouse, avec une bouteille à la main dérange. "Le gros problème, c’est que la société les juge, les culpabilise. Résultat ? Ces femmes peinent à s’en sortir. Pour l’heure, j’ai l’impression que la société n’est pas prête à les accepter. Pire encore, elle ne veut même pas les voir. Alors que la seule solution pour les aider est de les déculpabiliser est de leur expliquer qu’il existe des moyens pour s’en sortir", insiste l’auteure.

A lire aussi : "coupable en toute innocence", le livre choc d'une néonazie repentie

Grandir avec une mère malade

Dans le livre de Cathy Galliègue Et boire ma vie jusqu’à l’oubli, vous ne trouverez ni émotion préfabriquée ni patos. Car même si c’est un roman, son auteure s’est inspirée de son vécu et de sa mère pour créer cette histoire fictive.

Aujourd'hui, Cathy Galliègue n’a plus vraiment de relation avec sa mère : "C’était devenu trop toxique !". De son enfance et de l’alcoolisme d’un parent, elle a occulté beaucoup de choses. Celles-ci reviennent par petits bouts, à coups d’images et de ressentis : "Je ne comprenais pas forcément que ma mère était alcoolique, mais je savais qu’elle n’était pas comme les autres. Je le voyais dormir en pleine journée, avoir des accès de violence sans raison apparente. Comme beaucoup de femmes touchées par cette maladie, ma mère ne voulait pas l’admettre, elle disait toujours ne pas avoir de soucis avec ça. Même si l’on retrouvait des bouteilles dans la maison", se confie Cathy Galliègue.

Faire changer les choses

"Alors oui, l’écriture de ce roman n’a pas été si simple. Cela n’a pas non plus été thérapeutique. Pour autant, depuis que j’ai commencé l’écriture de cet ouvrage, j’ai compris que tout ce que j’avais vécu avait un sens". Depuis la sortie de Et boire ma vie jusqu’à l’oubli, Cathy Galliègue reçoit, en effet, de nombreux témoignages. Des proches de femmes alcooliques, pour la plupart. Une preuve que ce livre éveille déjà les consciences et fait réagir dans le bon sens du terme. "Si ce que j’ai vécu peut aider des femmes, je serais fière. Car un déclic peut venir d’une chose très infime : une phrase, un regard, un mot…", conclu Cathy Galliègue.

Le livre Et boire ma vie jusqu'à l'oubli est disponible depuis le 5 octobre. Un conseil : foncez le lire !

Laura Bonnet

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Les meilleurs commentaires
Laboulette76
« Oubli » sans « e » c’est mieux je pense

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Laboulette76
« Oubli » sans « e » c’est mieux je pense