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Addictes au sexe : elles témoignent

"On se sent comme une bête sauvage"

Par La WTF Team  - Illustration : © iStock/Montage la WTF

Ah… Le sexe. Un sujet qui passionne ! Voire qui obsède. Car pour certaines, s'envoyer en l'air est une véritable addiction ! Mais être "addicte au sexe", ça veut dire quoi au juste ? Pour comprendre, nous nous sommes entretenus avec Coralie et Thaïs, respectivement addicte et ex-addicte, ainsi qu'avec Anne-Marie Lazartigues, psychiatre et sexologue.

Il y a plusieurs jours, Jada Pinkett Smith, la femme de Will Smith, révélait dans son émission "Discussion autour de la table rouge" diffusée sur Facebook, avoir été addicte au sexe. "Quand j'étais jeune, j'étais accro au sexe. Je pensais que le sexe pouvait tout résoudre", déclarait-elle notamment. Une confidence sans doute pas facile à faire… On imagine bien les réflexions des gros lourds et de tous ceux qui emploient cette expression à tort et à travers… Et pourtant, l’addiction au sexe existe vraiment. A la Women Trend Family, on a voulu savoir ce qu’il se cachait derrière.

Coralie, 21 ans, a compris très jeune qu'elle nourrissait une relation particulière avec le sexe. "J’ai fait ma première fois à 15 ans. À cet âge-là je commençais déjà à me sentir comme une vraie prédatrice. Je me suis mise sur des sites de rencontres, et c'est là que j'ai vraiment commencé à apprécier le sexe avec des hommes mûrs. Mon second partenaire avait la cinquantaine. À 18 ans j’ai osé passer le cap du plan à trois ainsi que la découverte de la femme. J'ai aussi appris à entretenir une relation de domination avec les hommes. Mes rendez-vous se rythmaient à deux par semaine, et je couchais dès le premier rendez-vous si je me trouvais chez ma 'proie', sinon au second", nous confie-t-elle.

On se sent comme une bête sauvage, qui a besoin de chair fraîche

"Je ne sais pas si tout ça comble un manque, parce que je suis de nature très solitaire. Mais je l'ai toujours très mal vécu. Les hommes adorent les femmes qui sont accros au sexe… mais je pense que vivre avec une femme comme moi, c’est très compliqué. C'est maladif. Si mon partenaire refuse de coucher avec moi, je le prends très mal et je peux me mettre en colère. Je ne le vis pas comme une simple frustration. Et même socialement, c'est très compliqué. On se sent comme une bête sauvage qui a besoin de chair fraîche. Puis dès qu'on est rassasié, on a envie de goûter à autre chose. Et quand une proie nous passe sous le nez on veut la découvrir et tout mettre en œuvre pour pouvoir un jour la dévorer. J'en souffre énormément, alors pour me canaliser je me réfugie dans le sport en faisant de la course à pied ou de la musculation. Ça me détend", explique-t-elle enfin.

Socialement, c'est très compliqué

Pour Anne-Marie Lazartigues, médecin psychiatre et sexologue, l'addiction sexuelle peut prendre plusieurs formes. D'une part, la pathologique par la fréquence des comportements sexuels : "On la dénomme 'hypersexualité' car c'est la fréquence des conduites qui est pathologique sans que ces conduites aient un caractère déviant". D'autre part, la pathologique par le caractère déviant d'un comportement "également exclusif et répétitif (coprophilie par exemple) pour aboutir à soulager une tension physique et psychologique dont l'intensité risque, sinon, de devenir insupportable".

À lire aussi : 3 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur le clitoris

Et selon notre sexologue, la phase de séduction serait en réalité bien plus addictive que le sexe en lui-même : “s'ils finissent par coucher avec leur partenaire, c’est parce qu’ils en ont envie sur le moment. Mais ce n’est pas le moteur. Il y a cette idée selon laquelle on ne séduit pas complètement quelqu’un si on ne baise pas avec. Car oui, là, il ne s’agit pas de faire l’amour. Le but d’une personne addicte au sexe est de séduire pour séduire. Une attitude qui bien souvent se traduit par un manque de confiance. Séduire donne la sensation d’exister. L'autre devient un outil permettant de soulagement transitoire d'un sentiment de vide existentiel. La relation sexuelle n'est plus un moyen de communiquer et d'échanger du plaisir avec un autre dont on reconnaît l'altérité et qui reconnaît la nôtre. Et très vite, une fois l'intensité des sensations disparue, l'angoisse ressurgit et il va falloir rechercher une autre relation sexuelle et les sensations qui l'accompagnent…".

Séduire donne la sensation d’exister

Ce manque de confiance, ce besoin d'attention, sont des sensations que connaît très bien Thaïs, 26 ans. Aujourd'hui fiancée à un homme "qui l'aime pour ce qu'elle est", si elle se sent "totalement calmée", elle se souvient de ses vieux démons comme si c'était hier : "C'était un cercle vicieux. J’avais besoin de compliments et d’attention. Les hommes (en partie) voulaient du sexe, et comme j'étais plutôt libérée de ce côté-là, je pouvais avoir des relations sexuelles assez rapidement et fréquemment. Alors j’ai accepté telle ou telle pratique, je me suis acheté quelques sex-toys, je me suis convaincue que mon fantasme ultime serait de le faire avec plusieurs personnes, etc. C’est une surenchère permanente où on ne doit jamais faire la même chose".

Alors tout ça comble-t-il un manque ? "Très clairement", affirme Thaïs, "il y a cette faible image que j’ai de moi-même et en même temps cet ego surdimensionné qui semble dire 'regarde mes fesses bombées, comme je suis intelligente'. Un David qui veut se faire aimer dans un corps de Goliath aguicheur. De l’extérieur j’apparais comme la femme libérée façon Cookie Dingler, qui assume son côté tigresse tout en gardant le respect des hommes. Mais au fond, je sais que j’ai les envies d’une 'mémère' sans vouloir offusquer les plus féministes, c'est-à-dire un boulot, un mari, une sexualité 'normale' et faire autre chose de mes soirées qui serait plus gratifiant. Cette discordance résonne mal d’une façon ou d’une autre", admet-elle enfin.

Comme nous le confirme Anne-Marie Lazartigues, avoir un appétit sexuel important n'a donc rien à voir avec le fait d'être addicte. L'addiction, elle, soulage un mal-être. Quand certains se réfugient dans l'alcool ou la cigarette, d'autres consomment du sexe.

Et vous les amis, c'est un sujet qui vous parle ? Dites-nous tout, ici on ne se juge pas, on s'écoute !

La WTF Team

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Les meilleurs commentaires
simpleman4704
merci pour cet article très intéressant qui m'a appris beaucoup de choses
kristoch
comme la plupart des hommes, l'état d'animalité avec que les besoins naturels à satisfaire, voilà ce qu'elles ressentent. C'est ça "baiser" ce que font presque tous car sans sentiments ce n'est pas faire l'amour. perso jamais baisé de ma vie, je suis un cas rare. normalement, logiquement on ne serait plus des bêtes mais on se comporte pareil ou pire parfois en bestialité... navrant. et on nous rajoute des besoins artificiels créés de toute pièce! encore aux mecs on peut leur couper l'envie car les testicules mais pour une femme pour réguler les hormones sûrement...elles sont détraquées, déréglées. faut les régler.

COMMENTS
simpleman4704
merci pour cet article très intéressant qui m'a appris beaucoup de choses
kristoch
comme la plupart des hommes, l'état d'animalité avec que les besoins naturels à satisfaire, voilà ce qu'elles ressentent. C'est ça "baiser" ce que font presque tous car sans sentiments ce n'est pas faire l'amour. perso jamais baisé de ma vie, je suis un cas rare. normalement, logiquement on ne serait plus des bêtes mais on se comporte pareil ou pire parfois en bestialité... navrant. et on nous rajoute des besoins artificiels créés de toute pièce! encore aux mecs on peut leur couper l'envie car les testicules mais pour une femme pour réguler les hormones sûrement...elles sont détraquées, déréglées. faut les régler.
Nadege Lima
Article très intéressant qui m’a fait prendre conscience de beaucoup de chose. Merci beaucoup
Sonia Sixtine
Moi je suis une ancienne addict mais pas mon compagnon. Et depuis la naissance de mon fils, ma libido a considérablement baissée.
Flow72
Pourriez-vous faire le même article mais concernant les hommes addict(s) au sexe ? - manque de confianceen eux - ne recherche pas que du sexe mais aussi parler, communiquer - en réponse face à leur vide affectif ou autre ? - en réponse face à une pression =>problème de couple, pression sociale et/ou professionnelle et autres ? Bref, être addict du côté des hommes ça donne quoi ?