Il reçoit le prix Nobel de la paix aujourd'hui : qui est Denis Mukwege ?

Retour sur un parcours hors norme

La WTF Team - 10/12/18 12:00

Surnommé "l’homme qui répare les femme", Denis Mukwege, co-lauréat du prix Nobel de la paix, reçoit sa récompense aujourd'hui à Oslo. Un moment symbolique.

Le 5 octobre dernier, Denis Mukwege se voyait décerner le prix Nobel de la paix avec l’Irakienne Nadia Mourad, une militante des droits de l’homme. Aujourd’hui, il reçoit le prestigieux prix à Oslo. Retour sur un parcours d’exception.

Découvrir la souffrance des femmes

Depuis des années, Denis Mukwebe répare le corps des femmes violées ou victimes de violences. Âgé de 63 ans, marié et père de cinq enfants, il a fait ses études de médecine au Burundi. En rentrant dans son pays en RDC, le jeune médecin découvre la souffrance des femmes qui, sans accès aux soins, souffrent régulièrement de très graves lésions génitales. Il décide alors de se rendre en France pour se spécialiser en gynécologie obstétrique et repart, quelques années plus tard, dans son pays d'origine afin de se consacrer aux femmes. Nous sommes en 1989, il anime, à l'époque, le service gynécologique de l'hôpital de Lemera, qui sera entièrement dévasté en 1996, pendant la guerre du Congo.

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Réparer les corps meurtris

En 1999, Denis Mukwebe crée l’hôpital de Panzi. Cet établissement permet aux femmes d'accoucher dans de bonnes conditions, d'avoir accès à des soins gynécologiques décents et surtout, d'être soignées, d'être réparées, suite à des violences sexuelles. Panzi devient alors rapidement une clinique "du viol". En RDC, la guerre fait rage et comme dans de nombreux pays, le viol est utilisé comme arme de guerre. Les victimes sont nombreuses. Trop nombreuses. A travers le monde, Denis Mukwege est alors connu sous le surnom de celui qui "répare les femmes". Depuis son lancement, Panzi a vu passer plus de 50 000 femmes, 50 000 corps abimés, 50 000 corps meurtris par la guerre et les violences sexuelles, 50 000 victimes de trop.

Ce #NobelPrize traduit la reconnaissance de la souffrance des femmes victimes de viols & violences sexuelles, le besoin de réparation juste en leur faveur et l'espoir de tracer une ligne rouge contre l'usage du viol dans les conflits armés.

— Denis Mukwege (@DenisMukwege) 7 octobre 2018

Changer les mentalités à travers le monde

Toujours énergique, et rarement découragé, il lance en 2014 un mouvement féministe masculin : le V-Men Congo. Dans une compagne mondiale, il incite les grandes multinationales à contrôler leurs chaînes d’approvisionnement pour s’assurer de ne pas contribuer à alimenter la violence dans ce pays déjà traumatisé par de nombreux troubles. Pour lui, la lutte contre l’utilisation du viol comme arme de guerre doit, avant tout, passer par un changement radical des mentalités, et des rapports entre les hommes et les femmes. Alors, quand il n’opère pas, quand il n’est pas en consultation, il parcourt le globe afin de sensibiliser les populations sur le sujet: "il faut travailler en temps de paix puisque c’est en temps de paix que se forgent sur les femmes un regard négatif, dominateur, non-respectueux", confie-t-il à l'AFP.

"La dénonciation ne suffit plus, il est temps d’agir", a lancé, avec justesse, Denis Mukwebe à la presse ce dimanche.

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