Dérives des filtres "qui rendent beaux" : jusqu'où ira-t-on ?

Les recours à la chirurgie sont en hausse !

La WTF Team - 04/09/18 7:00

À la Women Trend Family, on est tombés sur une étude totalement flippante révélant que les demandes d’interventions auprès des chirurgiens esthétiques pour ressembler aux photos "filtrées" sont de plus en plus nombreuses.

Popularisés par Snapchat et Instagram, les "filtres photos" sont désormais sur toutes les têtes. Peut-être pas sur la vôtre, mais probablement sur celles de vos followers. Alors il y a ceux pour qui ce n’est qu’un jeu, et puis il y a les autres. Ceux pour qui l’utilisation du filtre est devenue une nouvelle manière d’exister. Totalement fake, certes.

Publiée sur le site du JAMA Facial Plastic Surgery, une étude américaine réalisée par des chirurgiens esthétiques révèle même que les patients qui souhaitant modifier leur visage pour ressembler à l’image que leur renvoient ces filtres sont de plus en plus nombreux. En 2017, ils étaient 55% à faire ce type de demande, contre 42% en 2015.

"Les gens n’ont plus une image réelle d’eux-mêmes. Ce qui est important, et angoissant, c’est qu’il s’agit d’images déshumanisées qui reflètent soi-disant un certain 'idéal'. Avant on voulait ressembler à une personnalité, ou on voulait corriger un détail. Mais avec ces filtres tout le monde se ressemble. C’est comme si on changeait l’aspect général de l’homme ou de la femme à l’échelle mondial", observe la psychiatre Anne-Marie Lazartigues.

Transformer l'image de soi

"Un jour je faisais un selfie avec une amie, et en regardant le résultat elle m’a dit ‘oh mais je suis moche, il est horrible ton filtre !' Sauf que je n’en avais pas mis. J’ai trouvé ça complètement dingue qu’elle ne se reconnaisse même plus au naturel", se rappelle Louisa, 27 ans, au sujet de son amie qui ne se photographie désormais plus qu’avec ces fameux filtres.

"C’est fou de voir que quelqu’un peut totalement s’oublier pour plaire et avoir plein de likes sur Instagram. D’autant plus que c’est complètement virtuel. Le fait d’avoir une image de soi aussi biaisée ne facilite pas du tout la prise de confiance en soi", déplore Anne-Marie Lazartigues.

Une demande surréaliste

Et malgré tous les progrès accomplis dans le domaine la chirurgie esthétique, les plasticiens insistent sur le fait qu’il est impossible de réaliser de telles interventions, peut-on lire sur FranceInfo.

Pas étonnant, quand on voit à quel point certains de ces filtres modifient la forme de la mâchoire et agrandissent les yeux, sans parler de la peau archi lissée, du nez complètement affiné et des lèvres outrageusement gonflées. Non mais sérieusement, vous imaginer un monde où tout le monde aurait la même tronche?

Le problème, c’est que "pour eux, cela reste leur photo! C'est forcément possible!", regrette le Dr Vashi, co-auteure de l’étude.

Et si comme le disent les chirurgiens il est impossible d’arriver à ces résultats, les personnes concernées risquent donc de ne jamais se sentir satisfaites et de ne jamais en avoir assez. "C’est un peu ce qu’il se passe avec les personnes souffrant d’anorexie. Elles se voient toujours en surpoids alors qu’elles reflètent tout l’inverse. Jusqu’à ce qu’elles en meurent", nous explique enfin Anne-Marie Lazartigues.

Alors par pitié, célébrons la diversité!

COMMENTS

Publier !

Nova #3884 - 04/09/18 8:38

C'est bizarre (et un peu triste aussi) comme le culte de soi peut déboucher, par une étrange ironie, sur le culte de "soi ressemblant à autre chose", ce qui est, en fait, tout l'inverse.

Zébrulon #3887 - 04/09/18 9:46

À l'exception des personnes médiatiques (TV, ciné, magazines…), avec l'aspect professionnel comme circonstance atténuante, les personnes soucieuses de leur image sont en règle générale superficielles et de mon point de vue, totalement inintéressantes. D'autre part, je considère déjà le smartphone comme étant l'objet technologique qui aura le plus nuit à l'humanité après l'invention des armes automatiques.

Laure Sidaine #3895 - 04/09/18 17:48

Ça me rappelle la saga Uglies - Pretty - Special - etc de Scott Westerfeld. Le pitch : Le monde décrit est régi par le principe de l'extrême beauté. À l'âge de 16 ans (en fait cet âge est celui de la ville où vit l'héroïne ; il est de 18 ans dans une autre, mais pour des raisons médicales il doit être compris entre 15 et 20 ans) les adolescents subissent une opération de chirurgie esthétique qui leur donne un visage et un corps jugés parfaits selon les canons en vigueur. Et donc tout le monde se ressemble...