Eugénie Guillou : de bonne soeur à prostituée

Et adepte du fouet !

La WTF Team - 18/08/18 12:00

En 2013, l’historien Daniel Grojnowski publiait ses recherches sur la vie d’Eugénie Guillou: jeune bonne sœur devenue prostituée sadomaso, puis proxénète. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine (sans mauvais jeu de mots, bien sûr).

Il y a celles dont la vie est toute tracée et puis il y a celles dont les parcours de vie sont… surprenants! Comme Eugénie Guillou, dont l’histoire a été retranscrite par Daniel Grojnowski. En fouillant dans les archives de la police de Paris pour trouver des témoignages de prostituées du XIXe siècle, l’historien a fait la découverte d’un dossier contenant des rapports de police sur Eugénie Guillou, ainsi que des écrits d'Eugénie elle-même. Et ça vaut le détour.

Née en 1861, Eugénie Guillou était une fille de bonne famille, issue d’un milieu aisé. Jusqu’au jour où sa vie a basculé et sa famille s'est retrouvée sans un sou. À 19 ans, elle devient bonne sœur dans la congrégation des Sœurs de Sion. Bien qu’elle ne s’y sente pas à sa place, elle s’y découvre une drôle d’obsession : le fouet. Comme le rapporte Vanity Fair, il s'agissait initialement d’un châtiment, mais Eugénie, elle, appréciait grandement de se faire fesser!

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De religieuse à travailleuse du sexe

Au bout de 12 ans passés chez les sœurs (et quelques conflits), Eugénie Guillou s’en va et entame une reconversion… inattendue. D’abord gouvernante chez un proxénète, elle finit finalement par se prostituer. Un moyen d’assouvir ses fantasmes.

"Recevoir le fouet est chez moi une passion, un besoin. Si vous pouvez me trouver un monsieur aisé aimant fesser la femme, je vous dédommagerai généreusement", publie-t-elle un jour dans un journal au début du XXe siècle, selon Libération. À cette époque, Eugénie Guillou s’entoure alors une clientèle bien particulière chez qui elle se rend habillée en bonne sœur et se prête à des jeux de rôles.

Eugénie Guillou finit par se lancer dans le proxénétisme. Elle ouvre une "maison de rendez-vous" et un soi-disant "salon de massage" où les prestations vont bien au-delà du palper-rouler! Vanity Fair raconte qu’elle y proposait même des "plaisirs lesbiens, pédophiles et du voyeurisme". Sans commentaires.

Et si d'après Radio-Canada, Eugénie Guillou travaillait également comme informatrice de la police,la police des mœurs aurait quand même multiplié les enquêtes et les rapports à son encontre, jusqu’en 1913, où elle aurait perdu sa trace.

Et si vous souhaitez en savoir en plus, on vous conseille vivement de vous plonger dans "Eugénie Guillou, religieuse et putain", de Daniel Grojnowski.

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Secondegré #3735 - 18/08/18 18:03

Les voies du Seigneur ne sont pas toujours impénétrables...

Nova #3736 - 18/08/18 18:05

Peut-être n'avait-elle pas choisi d'être bonne soeur. Relisez "La religieuse" de Diderot.