Série TV « Speakerine » : 1962-2018, même combat pour les femmes

Arrêtons-nous deux secondes sur ce petit bijou TV made in France.

La WTF Team - 05/05/18 17:00

On va s’arrêter quelques minutes sur cette série télé que France 2 vient de nous offrir: Speakerine. Bien que l’action se passe en 1962, le sujet de l’émancipation des femmes dans la société reste encore… d’actualité.

Est-ce que vous avez vu cette série, «Speakerine», en 6 épisodes, que France 2 vient de diffuser? Non, pas encore? Il serait temps de vous rattraper vite, grâce à la VOD! On n’est pas des critiques cinés et télé pro, mais quand même, on a bien aimé cette série qui aborde des thèmes chers à la WTF.

Ça parle de quoi?

Déjà, voici le pitch officiel: «1962, dans les studios de la RTF, la célèbre speakerine Christine Beauval, tantôt adulée, tantôt décriée, est persécutée depuis peu par un mystérieux inconnu. Véritable icône du petit écran jusqu'alors protégée, symbole de l’évolution de la femme dans la société de l'époque, Christine doit faire face à une violence à laquelle elle n’était pas préparée. Entre luttes, trahisons et jeux politiques, rien ne lui sera épargné dans ce monde de la télévision instrumentalisé par le pouvoir.»

Christine Beauval, face à son destin

Intriguant, non? Alors, déjà: pour celles et ceux qui ne savent pas ce qu’est une speakerine, c’étaient des femmes qui présentaient en direct les programmes à venir. Et oui! Avant, il y avait des femmes qui s’adressaient à nous, via la télévision, pour nous dire quoi regarder le soir à la TV. Parmi les plus connues à l’époque (ça a duré jusque dans les années 80), il y avait Catherine Langeais, Denise Fabre, Jacqueline Huet et surtout Jacqueline Joubert, la maman d’Antoine de Caunes, qui a inspiré le personnage de Christine Beauval, si parfaite dans sa tenue jusque dans sa coiffure.

Grosso modo, ça ressemblait à ça:

Ce qu’on a pensé de la série:

Alors, outre le fait que cette série est qualifiée, à raison (ou du moins, en partie) à l’excellente série Mad Men de par son côté esthétique, nous, on va s’arrêter sur LE sujet qui nous a plu: l’émancipation de la femme. Car même si cette série est en réalité un thriller policier dont Christine est l’héroïne, on se rend vite compte en 6 épisodes qu’être une femme en 1962, ce n’était vraiment pas ça. Même si, bien sûr, on s’en doutait déjà. Et c’est bien pour cela qu’on veut que vous regardiez cette série.

Saviez-vous par exemple qu’avant 1965, les femmes n’avaient pas le droit d’avoir un compte en banque sans le consentement de leur mari? Que «travailler» était considéré, par les hommes, comme un «passe-temps» (au même titre que la couture peut-être?) pour Madame. Car Madame devait quand même tenir le foyer à côté, hein. Fallait pas déconner non plus.Mais là où Christine est forte, c’est que son rôle de présentatrice des programmes, elle en a assez. Elle veut lancer un magazine sur les femmes, un vrai magazine d’investigation (belle référence à la journaliste Éliane Victor, qui a créé «Les Femmes aussi», en 1965). Et là, tout le monde tremble. Enfin, du moins, ces messieurs qui dirigent la chaîne, qui n’aiment pas voir les femmes s’émanciper.

Marie Gillain et Guillaume de Tonquédec

Ainsi, Marie Gillain, que l’on voit beaucoup trop peu ces derniers temps à notre grand regret, nous fait jubiler dans ce rôle de femme libre, bien trop en avance sur son temps, qui en marre de son train-train quotidien, autant au boulot qu’à la maison. Son mari casse-pieds? C’est le génial Guillaume de Tonquédec, qui revient un an après la fin de «Fais pas ci, fais pas ça». Il est parfait dans ce rôle de papa bourgeois (encore!) mais à qui on a bien envie de foutre des baffes.

Les seconds rôles ne sont pas en reste. Comment ne pas craquer pour Grégory Fitoussi, en ministre de l’information Éric Jauffret, partagé entre son engagement envers «le Général» (alias le Président De Gaulle), son amitié pour Christine et… son amour interdit envers la fille de celle-ci? Comment ne pas craquer aussi pour Clément Aubert, qui interprète le journaliste Philippe Lefebvre, qui a soif de vérité et de justice? Car heureusement, tous les hommes dans cette série ne sont pas des salauds.

Et le féminisme alors?

Selon France 2, le destin de Christine est présenté comme "symbolique de l'évolution de la femme dans la société des années 60 et le monde de la télévision instrumentalisé par le pouvoir". C’est vrai. Mais quand même. Il y a un petit quelque chose qui manque.

Car nous, on trouve que même si tous les sujets sont abordés question «émancipation des femmes», on ne peut que relever que ça n’a été fait que du bout des doigts. En effet, la série bascule vite dans le thriller. La faute à 6 épisodes seulement, au lieu de 8 annoncés au début? Et qu’il n’y aura qu’une seule saison, donc, fallait choisir?On aurait voulu plus de détails sur la condition des femmes de l’époque. Plus d’informations, de témoignages. Les sujets principaux sont à peine effleurés (comme l’homosexualité féminine, pas mal pour un programme en prime time sur France Télévisions!), alors qu’on se rend compte, qu’à l’heure des #MeToo et #BalanceTonPorc, cette série, ancrée dans les années 60 est terriblement… d’actualité.

La jolie famille de Christine Beauval

Et donc?

Beaucoup de choses ont changé depuis, bien évidemment. Et on ne remerciera jamais assez nos mamans et grands-mères qui se sont battues pour nous. Et c’est en partie pour cela que cette série est incontournable. C’est beau, c’est bien fait, visuellement c’est ultra-léché, c’est bien joué et c’est divertissant dans son ensemble. Mais c’est surtout utile, à regarder, pour se rappeler qu’on revient de loin. Et que le combat concernant la place des femmes dans la société est loin d’être terminé.

Voici la bande-annonce de la série :

COMMENTS

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simpleman4704 #872 - 05/05/18 17:41

merci cela donne envie de regarder cette série

Zaida Slaiman #878 - 06/05/18 7:00

Jai tre envie de la regarder

loulou0102 #901 - 06/05/18 13:37

Merci pour cet article ... j’ai craqué et regardé les 4ers épisodes en replay... #girlpower

Martine Cecilia #1399 - 19/05/18 21:08

magnifique série je l'ai adorée,à voir ,que des souvenirs de mon enfance 😍😍