Big Little Lies : Pourquoi regarder cette série engagée qui s'inscrit dans le mouvement #MeToo ?

Une série à regarder de toute urgence

La WTF Team - 04/05/18 9:15

Plongée fracassante dans la bourgade huppée de Monterey, station balnéaire où il fait bon vivre du côté de San Francisco, avec cette mini-série féministe de sept épisodes qui se positionne contre le modèle majoritaire hollywoodien.Le futur est féminin. Et ce n’est que le début.

Notre époque est sérièsque. Face à cette multitude de productions, qu’elles proviennent du géant Netflix en passant par HBO, on ne sait plus à quel sein se vouer. Ainsi, pour se démarquer, il faut sortir le chèquier et miser sur le prestige d’un casting gratiné et de réalisateurs 5 étoiles. C’est ainsi que la mini-série Big Little Lies, lancée par HBO le 19 février 2017 par David E. Kelley (vu à la production de la série Ally McBeal) et le canadien Jean-Marc Vallée (Wild,Dallas Buyers Club) a retenu notre souffle. Et, contre toute attente, ce n’est pas la présence des grands noms made in Hollywood tels que Reese Whiterspoon ou encore Nicole Kidman qui a marqué notre esprit.

La série commence par un incident peu banal : la fille de Renata (interprétée par Laura Dern) se fait étrangler par un camarade de classe. C'est Ziggy, le fils de Jane (Shailyn Woodley), une jeune mère célibataire fraîchement arrivée dans le coin, qui est accusé par la petite fille. Jane, convaincue que son fils est innocent, est soutenue par ses deux nouvelles amies, la pétillante Madeline (Reese Witherspoon) et la jolie Celeste (Nicole Kidman). Les trois protagonistes tentent de trouver qui est à l’origine de cette agression sans savoir que celle-ci va créer un énorme raz-de-marée dans leurs vies respectives. Un raz-de-marée qui va provoquer un incident dramatique, puisqu’une série de flash-forwards autour d’une mort survenue lors d'une soirée de charité, laisse entendre que l’un des personnages de la série a été assassiné. Un drame qui implique forcément les trois femmes, comme le laissent entendre les interrogatoires de police pendant lesquels d’autres parents tentent de trouver les responsables du meurtre. Qui est le tueur? Qui est la victime? On ne le sait pas. Mais on est prêts à le découvrir.

Oubliez Wisteria Lane, vous ne trouverez aucune Desperate Housewife

Mais au-delà d’un synopsis saisissant qui nous vend l’histoire d’une bande de copines bourgeoises qui mènent des vies rêvées en apparences dans de belles maisons avec piscines et cuisines suréquipées liées à une mort mystérieuse – digne de celui d’une énième saison de sa cousine Desperate Housewives - on assiste là à une évolution étonnante.

Car cette critique acérée du monde destructeur des apparences, typique de la sphère bourgeoise, n’en a la ressemblance que de surface. Le monde édulcoré des housewives de Wisteria Lane s’efface devant l’univers plus profond, plus sombre, et sans doute plus réaliste de celui de Big Little Lies.

Big Little Lies est avant tout l'illustration de la violence sous toutes ses facettes, d'une violence qui nous happe, puissante, exercée sur les femmes. Une violence qui s’inscrit dans le sillon bien ancré du mouvement #MeToo, hashtag lancé l’année dernière pour dénoncer l'agression sexuelle et le harcèlement, plus particulièrement dans le milieu professionnel, à la suite d'accusations de cette nature portée contre le producteur américain Harvey Weinstein.

Au travers de cette histoire faite de cachoteries et d’énigmes douloureuses, nos héroïnes se retrouvent dans des situations où la brutalité les hante inlassablement, sous une forme comme sous une autre, qu’elle se manifeste à travers les coups d’un mari violent, l’agression d’une petite fille dans une cour de récré ou encore de flash-backs d’un viol. Une violence inouïe qui les pousse à sortir de leur zone de confort et surtout, à s’unir entre elles, envers et contre tout. Car qui mieux qu’une autre femme pour comprendre les maux et les expériences d’une femme?

Une série pour les femmes, créée par des femmes

Une enquête menée par le site Polygraph a soumis plus de 4000 films au fameux test de Bechdel (destiné à démontrer par l'absurde à quel point certains œuvres scénarisées sont centrées sur le genre masculin par le biais des questions suivantes: possède-t-il au moins deux personnages féminins? Portent-ils un nom? Ces deux personnages ont au moins une discussion? Cette discussion concerne autre chose qu'un homme?) ainsi que la dissection de 2000 scripts de films, afin d’évaluer le temps de parole accordé aux personnages féminins. Les résultats ont été très édifiants, et c’est plutôt déprimant. 30% des dialogues sont accordés aux femmes, et sur juste 22% des films, les actrices ont autant de dialogues que les hommes. Enfin 18% des films ont au moins deux femmes parmi les personnages principaux. Autant dire que ce n’est pas glorieux. Face à cette injustice sexiste, il fallait bien changer la donne.

C’est ainsi que la comédienne Reese Witherspoon, révélée notamment dans le filmLa Revanche d’une blonde, a mis un grand coup de pied dans la fourmilière du tout Hollywood. Cette défenseuse des droits des femmes a su trouver sa place dans le mouvement #MeToo en dénonçant les inégalités salariales dans l’industrie du cinéma. Ainsi, Casey Bloys, directeur des programmes de HBO, a repensé, après plusieurs conversations avec la comédienne, changer la donne. Au Hollywood Reporter, il confie: « Nous avons pris nos shows un par un, et nous avons regardé si des inégalités salariales existaient entre hommes et femmes ; s’il y en avait, nous l’avons corrigé de suite »

C’est donc Reese Witherspoon accompagnée de son amie Nicole Kidman, qui est l’origine de cette série adaptée du roman de Liane Moriarty, Petits secrets, grands mensonges. Pour mettre à bien ce projet, les deux stars se sont entourées des meilleurs, du showrunner David E. Kelley (à l’origine des séries Ally McBeal et The Practice) au réalisateur canadien Jean-Marc Vallée, qui avait déjà adapté le film Wild avec la comédienne et à qui nous devons l’incroyable et oscariséDallas Buyers Club. Les actrices, productrices exclusives de la série, ont également choisi le cast de la série qui va de Shailene Woodley (Divergente) à Zoë Kravitz en passant par la stupéfiante Laura Dern, muse d’un certain David Lynch.

Le reste d’un casting est également bien pensé et très convaincant: il se compose de nombreux seconds rôles tantôt attachants, tantôt effroyables: Adam Scott, Alexander Skarsgård et James Tupper sont les hommes – ou pas – de la situation. De quoi avoir les yeux qui brillent.

Ensemble, c’est tout

Mais, au-delà les animosités et autres rivalités frivoles, Big Little Lies illustre d’abord le récit de femmes vouées à se soutenir, envers et contre tout. Car si leurs chemins différents se rencontrent, ce n’est pas par hasard. Dans un rapport de sororité, elles s’accompagnent, se guident, s’épaulent et font fi du reste. Et rien de tel que cette image finale où, assises souriantes face à la mer, elles trouvent la paix et le réconfort, loin d’un système qui les broie.

Qui mieux qu’une femme, qui a eu l’expérience de la féminité, pour comprendre les femmes? La psy. Face à l’océan, comme de parfaites mères, elles regardent leurs enfants jouer sur la plage.

Tout au long de la série, Celeste, Jane et Madeline jouent des rôles de mères, de sœurs, d’amies loyales. Madeline soutient et tente d’apaiser la colère de Jane après que celle-ci, rongée par le traumatisme, lui avoue avoir été violée. La conseillère conjugale du couple Perry-Celeste tente de convaincre cette dernière de quitter le foyer et de commencer une nouvelle vie, loin de son mari violent. Mais c’est surtout l’ultime épisode qui vient concrétiser ce lien indéfectible qui les unit toutes quand, mises en danger, elles se défendent, main dans la main, quitte à ôter une vie.

Qui mieux qu’une femme pour comprendre la désespoir d’une autre femme? Qui mieux qu’un être qui nous ressemble pour nous apporter le soutien nécessaire? Qui mieux qu’une alliée pour essuyer nos larmes?

Le choix de la mise en scène, la (grande) cerise sur le gâteau

Aussi, la mise en scène et l’atmosphère générale choisies pour la série ont leur importance. Rythmée par de nombreux flashbacks, elle ne touche pas, elle percute celui qui la regarde. L’effet vient toujours quand on s’y attend le moins, de façon saccadée, rapide et silencieuse, comme pour nous rappeler la violence et la cruauté d’un moment passé. De l’adultère de Madeline aux coups de Perry portés sur Celeste, le flashback laisse le champ libre à la brutalité la plus bestiale. La mise en scène de Jean-Marc Vallée, qui nous a gratifiés d’une magnifique photographie, souffle également le chaud et le froid. Les paysages paradisiaques de Monterey sont les refuges de personnages sombres et ambivalents, ce qui en fait une série aussi esthétique que riche de significations.

La musique, pilier central du récit

La musique, quant à elle, détient une place centrale dans le récit. Pour le générique, le morceau Cold Little Heart, de Michael Kiwanuka, intense et profonde, nous tend déjà la main. Dans la série, la musique, elle semble servir de leitmotiv. Les accords au piano de September Song, d’Agnes Obel, donnent une dimension dramatique et poétique à la fin des épisodes, mettant nos glandes lacrymales à rude épreuve. Chloe, la cadette mélomane de Madeline, met This Feeling d’Alabama Shakes en fond sonore pour réconforter sa mère. Jane, quant à elle, écoute Bloody Mother Fu**ing A**hole de Martha Wainwright pendant qu’elle fait son jogging, comme pour incarner, de façon cathartique, sa douleur et sa rage de ne pas connaître l’identité de son agresseur. En voiture, dans la radio, sur les téléphones, dans les oreilles, dans les systèmes hi-fi des maisons, la musique vit une existence à part entière. Elle se déclenche, puis s’éteint. Plus qu’un facteur d’ambiance, le son semble précéder une action de la part des personnages, comme s’il était un moteur.

Après le visionnage de la saison 1, il va falloir prendre son mal en patience : la saison 2 devrait arriver d'ici 2019. Mais nous avons déjà quelques photos du tournage ainsi que de nouveaux noms d'acteurs venant se rajouter au casting déjà parfait. Les fans de Meryl Streep seront ravis...

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vilanoe #822 - 04/05/18 9:21

deja regardé j’ai trouvé ca hyper bien on passe par tous les sentiments un panel d’actrice . vivement la saison 2

Paulinemadi972 #823 - 04/05/18 9:47

En grande fan de séries, je dirai que Big Littles Lies est un petit bijou!! L’intensité de cette mini-série fait qu’on a envie de « manger » les épisodes mais en même temp, on ne veut pas que ça aille trop vite!! Donc pour résumer, le casting est TOP, les décors sont whaouuuh et la musique un régal pour les oreilles donc rien que pour ça je recommande de regarder Big Little Lies! Quant à l’histoire, elle nous tient en haleine du début à la fin et on ne s’attend pas au dénouement!! À voir et à revoir!!

kristoch #831 - 04/05/18 11:10

merci pour l'info: à suivre donc... ;) :)

Marmotte #835 - 04/05/18 12:20

Merci pour l'information.

MamanLouve #863 - 04/05/18 22:00

Top info , hâte de découvrir la série !! 🤗

Zaida Slaiman #879 - 06/05/18 7:03

Intrigant super a voir

ellegats #1015 - 09/05/18 11:31

je n’ai pas accroché pour ma part :)

Liloo Ondet #1058 - 09/05/18 23:50

Une super série pour ma part je l’ai dévoré.

LilooKate #2590 - 21/06/18 12:11

On peut la regarder ou cette série? Svp

butterflyway #3767 - 22/08/18 8:53

hâte de voir la saison 2.. tout un jeu d'actrices douées et engagées.. ❤️