Quand un sextoy censuré relance le débat sur le féminisme

Jugé "obscène"

La WTF Team - 10/01/19 12:00

Le 8 janvier s'est ouvert le Consumer Electronics Show (CES), aka le plus grand salon high tech, où un sextoy féminin devait être récompensé. Mais voilà, il semblerait que la tech ne kiffe pas trop le plaisir des meufs.

"Osé". Voici le nom d’un sextoy féminin ultra innovant développé par Lora DiCarlo, une start-up: "Osé est le seul produit créé pour des orgasmes complets sans les mains. Grâce à des micro-robots à la pointe, il imite les sensations d’une bouche, d’une langue, de doigts humains pour une expérience qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle qu’on peut avoir avec un ou une partenaire".

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We won a CES Innovation Award for Robotics and Drones - then they took it back (link in bio). Why is CES threatened by empowered women and the products that empower them? #CESGenderBias . . . . Thx to @rebellious.pr for all the love and content! #linkinbio #cessomale #womenintech #womenofsextech #sextech #innovation #engineering #robotics #genderbias #sexism #everydaysexism #misogyny #sexpositive #nonbinary #loveislove #sex #vagina #vulva #feminism #sexeducation #sexpositive #sextoys #girlboss #females #femaleceo #femaleboss #girl #girlpower #girlsrule #girlsquad @ces

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Osé, le sextoy féminin du futur

Tout semblait bien parti pour le petit "Osé". Ce sextoy féminin promettait aux femmes un orgasme complet, c’est-à-dire un orgasme clitoridien combiné à un orgasme vaginal. Ce qui, on ne va pas le cacher, est plutôt pas mal !

Le 10 octobre, la start-up de Lora DiCarlo avait, d'ailleurs, reçu une bonne nouvelle: "Osé" allait recevoir un prix au CES 2019, dans la catégorie Robotics & Drones, afin de récompenser et de saluer son caractère innovant. Sauf que, voilà, quelques jours plus tard, le 31 octobre, comme l’explique le Huffpost, Lora DiCarlo a reçu un mail annonçant que le prix était retiré.

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Plaisir féminin: sexisme et tabou

Mais alors, pourquoi censurer un sextoy, alors que ce dernier requiert toutes les qualités pour être récompensé au CES? Eh bien, on vous avoue, qu'à l'heure d'aujourd'hui, on n’a toujours pas compris. En effet, le salon s’est contenté de citer le règlement du CES et de la Consumer Technology Association (CTA), qui lui est étroitement lié. A savoir: "les propositions considérées par la CTA comme immorales, obscènes, indécentes, insultantes ou allant à l’encontre de l’image de la CTA seront disqualifiées."

Ok. Mais depuis quand le plaisir, et plus précisément le plaisir féminin, est-il devenu immoral, obscène et indécent? Oui, parce que là, faudrait penser à nous expliquer. Pour conclure l'affaire, la CTA a, également, argumenté sur le fait que le produit ne rentrait, finalement, pas dans la catégorie "Robotics & Drones". Pourtant, celui-ci, possède 8 brevets en robotique et ingénierie, comme l'a rappelé Lora DiCarlo.

Les poupées sexuelles robotiques n'ont jamais posé de problème, même pas au CES, alors qu'un petit objet qui satisfait le clito et le vagin, oui. Cherchez l'erreur.

COMMENTS

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sjannoty #4590 - 10/01/19 12:17

pas compliqué les vues d une société patriarcale judéo-chrétienne qui pense que les femmes n ont pas le droit au plaisir et que seul l homme y a droit et c'est d une débilité effarante